Mise à nu de ma vie d'avant...

Strip Tease...

   Voici quelques lignes, qui retracent brièvement mon parcours et ce pourquoi j'en suis arrivée là aujourd'hui...

 

Voilà, je m'appelle Agnès (Ness pour les intimes) et j'ai 39 ans (très bientôt 40...).

Jusqu’à il y a quelques mois ma vie était terne, triste, prévisible, sans couleur et sans relief.

 

J'ai pourtant eu une enfance protégée, une famille aimante, cultivée, tolérante. Je n'ai jamais eu de difficultés à me faire des amis ou des connaissances, à certaines périodes j'ai même pu être relativement populaire...

 

Niveau travail, pas de grosses difficultés non plus, je suis mon chemin, j'ai de l'ambition, je réponds à ce qu'on attend de moi, je m'adapte.

 

Question amour, par contre, peut mieux faire... Les différentes rencontres que j'ai pu faire, me renvoie systématiquement sur un schéma victime/bourreau, je souffre systématiquement et je me sens abuser à chaque fois... Mais on peut être heureux sans être à deux, donc vaillante, courageuse et seule j'affronte, je lutte, la vie est un combat mais ça ne me fait pas peur....

 

Oui mais voilà, je m'ennuie... j'ai l'impression de ne pas vivre la vie qui m'est destinée, j'ai la conviction de passer complétement à côté...

 

Certes dans mon travail, j'aide les personnes, j'agis pour la communauté, je suis directrice de centre de formation, je travaille avec des demandeurs d'emploi et fait face à toutes sortes de problématiques sociales, j’accompagne, je conseille, je fixe le cadre, je fais preuve d'autorité, et tout ça en travaillant pour une boite qui me demande toujours plus de marge, toujours plus de chiffres d'affaire, et que n'a strictement aucune considération pour l'être humain.

 

 

En 2015, pourtant la vie me joue un drôle de tour... Cette année-là est très difficile pour ma famille paternelle. Ma grand mère disparait en Janvier, mon grand père en mars, et ma marraine souffre d'une maladie du sang et son état est très inquiétant.

 

Un mercredi de Mai à mon réveil, je "reçois l'injonction d'aller la voir". Je l'ai vu le samedi pourtant, elle n'était pas très en forme, je n'ai pas l'habitude d'aller la voir très souvent, elle est hospitalisée depuis de longs mois déjà.  Je dois aller travailler mais face à la force de cette "injonction" je ne cherche pas, je demande ma journée à mon chef et je pars en train pour Nantes (j'habite à La Rochelle).

 

Lorsque j'arrive à l’hôpital, les soignants commencent le protocole de soins palliatifs. Ils viennent donc de décider et d'acter que plus aucun traitement ne sera efficace pour elle, ils ne peuvent plus rien faire si ce n'est essayer de rendre les quelques heures ou jours qu'il lui reste à "vivre" les plus 'confortables" possibles.

 

Sur le moment je me dis qu'elle a du communiquer avec moi pour me faire comprendre que c'était la fin, j'ai du "l'entendre". Mais avec le recul, je sais que ce n'est pas elle que j'ai entendu, mais une force plus puissante que j’appellerai "Univers".

 

Cet après midi là, nous nous disons au revoir en conscience. Puis je sors de la chambre, je m'effondre.

Mon père, le frère de ma marraine, devait aller la voir le vendredi. J'ai donc appeler ma mère pour lui dire que si il voulait avoir une chance de dire au revoir à sa sœur, il fallait que ce soit le lendemain.

 

Mon père a suivi mon conseil et le lendemain ma marraine nous a quitté, en tenant la main de mon père.

 

 

S'en est suivie une période très sombre, 3 décès dans la même famille en l'espace de 4 mois, c'est très perturbant. Je me suis plongée dans mon travail et dans ma bulle de fraicheur la danse (salsa et west coast swing).

 

 

Rapidement, mon boulot a commencé a devenir insupportable pour moi. L'irrespect et le dédain des dirigeants vis à vis de leurs équipes me répugne. Je n'ai plus envie de faire d'effort pour eux, comment puis je encore ramener de l'argent à ces personnes, comment puis je encore rentrer dans leur jeu et faire semblant?

 

Vis à vis de mon équipe si je poursuis c'est que je cautionne leur façon de penser et ça ce n'est plus admissible pour moi.

Je serre les dents jusqu’à fin octobre. Et là, tout s'effondre, je ne parviens plus à retenir mes larmes, je pleure en continu, la secrétaire doit fermer la porte de mon bureau et faire diversion pour que les stagiaires ne s'aperçoivent de rien.

 

Je déclare forfait et je m'arrête de travailler. Les mois de novembre et de décembre vont s'écouler au rythme de mes larmes et petit à petit, je vais m'enfoncer, jusqu’à sombrer. Je n'ai plus envie de vivre.


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